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WEBER, AUBER...

dimanche 17 octobre 2010

Marianne, 2 août 1933

Voici l’ « ouverture d’Obéron », de Weber. Morceau d’atmosphère par excellence, symphonie véritablement magique, que Richard Strauss, après Wagner, n’a jamais oubliée, et dont l’un et l’autre ont fait un si étonnant, si constant usage. Le génie créateur de Weber y éclate, mêlé à un italianisme dont on ne saurait lui faire grief. ; longtemps après cette année 1826, qui vit naître « Obéron » et mourir Weber, Wagner trahissait encore bien des signes de fidélité au pire italianisme.

« Polydor » et « Gramophone » nous proposent concurremment chacun une version de cette page admirable. La première maison en a confié l’exécution à l’orchestre Philarmonique de Berlin (direction H. Pfitzner) ; Si vous recherchez, en Weber, le démon d’un monde poétique,mystérieux et lointain, le préfigurateur de toute la musique dramatique du XIXè siècle, choisissez sans hésiter le disque « Polydor », sonore et riche d’échos romantiques. Que si vous préférez en Weber les oppositions brusques et mouvements, les fougues italiennes succédant aux rêveries germaniques, les phrases de cor qui l’apparentent à Rossini, alors achetez le disque « Gramophone ».

Puisque nous sommes dans le domaine de la sensibilité italienne, voici la "Suite Mignonne"de M. Piero Coppola, ( Gramophone ) et ---, le sympathique directeur de la firme Haussmann. Ces deux disques sont de charmante qualité. J’avoue pourtant une préférence pour le second « Méditation et badinage ».

L’heure de la réhabilitation sonnerait-elle pour Auber, cet Auber qui disait : « J’ai aimé la musique jusqu’à trente ans, je l’ai aimée tant qu’elle a été ma maîtresse, mais depuis qu’elle est ma femme... » L’autre jour, nous avons été frappés par une exécution de l’Ouverture du « Domino Noir ». Nous avons tenté la même aventure avec celle de « Fra Dianola » ( Ultraphone ), (orchestre philarmonique de Berlin, direction Meyrowitz). Sans succès !

Restons en Normandie, si Auber est de Caen, Biëldieu est de Rouen. Voici donc l’ouverture de la « Dame Blanche », que Weber et Mendelssohn admiraient tant, ce qui ne laisse pas de nous rendre rêveurs. Il est certain que le débat en est impressionnant. M. Rulhmann en dirige une bonne exécution Pathé, où l’on souhaiterait seulement plus de discrétion dans certains traits de trompettes et de trombones, que le compositeur a inlassablement répétés.

Jean Richard BLOCH