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POURQUOI PANACHER SUR UN MÊME DISQUE ?

dimanche 17 octobre 2010

Marianne, 9 août 1933

Revenons aux excellents enregistrements de musique religieuse que nous donne désormais la firme Lumen. J’en ai déjà loué la pureté, la très singulière limpidité. Je ne peux que réitérer ces éloges.

Voici Saint Saens : « Le Gloria et le Repet----- » et le « — Principium », titres de son « Oratorio de Noël ». Au dos de ce dernier, « Le symbole des apôtres », de Caplet, chanté par Mme Doniau-Blanc

Puisque la maison Lumen est au début de son activité, que nous espérons longue et féconde, adressons-lui une prière : de ne point panacher ses disques : Caplet sur une face, Saint Saens sur l’autre, c’est aussi gênant pour le discophile que pour le revendeur, aussi vexant pour la raison que pour la commodité. Lumen semble vouloir faire sa place au délicieux et charmant Caplet : cela est parfait, nous ne pouvons que l’en remercier ; pourquoi ne pas lui consacrer des disques entiers, au lieu de disperser ses enregistrements comme au hasard. ? De même dans un autre enregistrement, César Franck acollé à M. Noël Galion. !

Voici Bach : un disque merveilleux. pièce rare, pièce de collection. L’air de « Soprano » de la fameuse « Cantate pour tous les temps » et « L’air de la Pentecôte », avec le quatuor Pascal, M. Malaury Marseilac et le hautbois de M. Rajeux.

De J. S .Bach encore « Ô mon doux Jésus » et « Auprès de toi », même cantatrice, laquelle me semble avoir un tant soit peu faibli à la fin de l’interprétation de ce dernier cantique, un des plus beaux, des plus nus, des plus éperdument religieux qui soient, mais un des plus périlleux à interpréter. Le disque n’en reste pas moins excellent !

De Mozart, l’ Ave Verum et l’Ave Maria (avec Mmes Franck et Doniau-Blanc, les Chanteurs de Saint Nicolas, direction de l’abbé Lepage )

Un des plus beaux enregistrements que je connaisse, de Fauré, me semble être le « Pie Jesu » et le « In Paradisium »tirés du « Requiem ». (mêmes exécutants que ci-dessus). Le chœur féminin de M. l’abbé Lepage me semble avoir une sûreté et une pureté encore supérieures à celles de ces voix masculines.

De Gounod, voici « Le prélude » de la « Messe de Jeanne d’Arc », et « Judex », extrait de « Mors et Vita ». Le bon Gounod, meilleur dans sa musique religieuse que dans sa musique d’opéra, ne laisse pas que de souffrir des comparaisons que ces voisinages entraînent : le récitatif est mélodramatique et les accompagnements sont d’une qualité musicale un peu mince. Les exécutants, qui sont les mêmes que ci-dessus, font de leur mieux. Il ne tint pas à eux que ce disque ne soit de la plus haute qualité. Il y faut une aiguille forte, tandis que je me suis trouvée fort bien, pour tous les disques précédents, de « Herold Salon nadeln » douces (leise).

Jean Richard BLOCH