Groupe Études Jean-Richard Bloch

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VACANCES...

dimanche 17 octobre 2010

Marianne, 30 août 1933

N’hésitez pas à mettre dans votre discothèque le « Choral prélude » de J. S. Bach, Aus der Tiefe rufe ich, Herr, zu dir (BWV 131), joué par l’Orchestre Symphonique de Philadelphie, sous la direction de Stokowski (Gramophone), comme cet orchestre, sous ce chef, sait joue Bach.

Si vous goûtez les aimables « Comedian Harmonists », voici un bon échantillon de leur manière. « Ich hab’fur dich den Blumentopf bestellt ». Et, pour les jours de pluie qu’amène la fin de l’été, voici un Victor Boucher, « Le récit de Théramène » (« Columbia »), ce monopole
n’est certes pas de la meilleure veine de l’excellent artiste ; il n’est pas non plus tout à fait indigne de la « Scène de l’Ivresse », des « Vignes du Seigneur », qui reste le modèle du genre.

Vacances...Vous possédez sans doute la série des quatre disques, précisément appelée « Un Mois de vacances » (« Columbia »), de Mireille et Jean Sablon, sur les paroles de Jean Nohain, et la musique charmante de Mireille ? Tout y est de bonne qualité.

Vacances...Aimez-vous la chapelle dans le lierre, les cloches dans la campagne, le romantisme pomponné, Ossian revu par le jardinier ? Alors, au disque Gramo que j’ai déjà eu l’occasion de vous signaler, ajoutez le petit disque Gramophone anglais « Cloches du Monastère » ; au dos, deux beau airs grégoriens, chantés par les Bénédictins de Beuron.

Vacances...vous voudriez bien savoir danser. Vous avez quarante-cinq ans et un petit bedon. Vous n’osez pas prendre de leçons. La crainte du ridicule ! Et pourtant, l’appel du jazz, le soir...Ces couples qui se trémoussent ou languissent !...Gens timides, Gramophone a pensé à vous : enfermez-vous dans votre chambre, et, sur votre portatif, grâce aux quatre disques de Mlle Argentin (sic), vous vous inculquerez, solitairement. « Les principes de la danse de salon », ainsi que les éléments du fox-trot, du tango, de l’one-step et d la rumba, suffisamment pour entrer le front haut, dans le salon du petit casino.

Vacances... »Ma femme est morte », vieille chanson tourangelle, et « Les Moines de Saint Bernardin », vieille chanson épicurienne (sic) chantées par Sarthel avec entrain.(Ultraphone).

Le même Sarthel chante, dans le même style allant, « Sur la route de Louviers » et la tant soit peu longuette chanson des « Chevaliers de la Table ronde ».

Vacances...Les petits chanteurs de la Manécanterie à la Croix de Bois ont capoté, la quinzaine dernière, dans l’autocar qui les transportait. Les journaux nous en ont apporté la nouvelle et une horrifiante photographie. Par chance, peu de mal, nous dit-on. Auparavant, ils avaient enregistré, chez Gramophone, d’une façon honorable, un peu traînante, « Combien j’ai douce souvenance » de Chateaubriand, et « Voici la Saint Jean ».

Vacances...Damia nous donne, dans son plus grand style, « La veuve » et « Le fou », chasons « réalistes » (Columbia). Disque réservé aux soirs de cafard. Pluie sur la villa et sur le zinc de la marquise...

Jean Richard BLOCH